Fondation SUEZ

"Les femmes et les filles sont les premières touchées par l’absence d’accès aux ressources"

Dans de nombreuses régions du monde l’accès aux ressources comme l’eau, l’assainissement ou l’énergie peut changer le quotidien des femmes et des filles. A l’occasion de la Journée internationale des femmes, Myriam Bincaille, Déléguée générale de la Fondation SUEZ, présente l’action de la Fondation pour garantir l’accès universel aux services essentiels. Pour que plus aucune femme n'ait à parcourir des kilomètres à la recherche de quelques litres d'eau. Pour qu'aucune fille ne grandisse dans des conditions insalubres. Pour leur donner à toutes, chaque jour, les moyens de réussir. #womensdayeveryday

En quoi l’accès aux ressources est-elle un facteur d’émancipation pour les femmes dans le monde ?

Les Objectifs de Développement Durable, adoptés en septembre 2015 par les Nations Unies, et qui visent à l’atteinte de ces objectifs à l’horizon 2030, rappellent que l’accès universel aux services essentiels reste aujourd’hui encore un enjeu majeur. En effet, des progrès importants ont été réalisés dans la lutte contre les inégalités en la matière mais ils restent insuffisants. Encore aujourd’hui dans le monde, selon l’ONU, 2,1 milliards de personnes, soit 30 % de la population mondiale, n'ont toujours pas accès à des services d'alimentation domestique en eau, 844 millions ne bénéficient même pas d'un service élémentaire d'approvisionnement en eau potable, et 2,4 milliards à l'assainissement.

Les femmes sont principalement impactées par ces difficultés. Par exemple, selon les Nations Unies, au Malawi les femmes consacrent en moyenne 54 minutes par jour à la collecte de l’eau, contre seulement 6 minutes pour les hommes. Ce constat est posé pour de nombreux autres pays dans lesquels les femmes passent encore chaque jour souvent plus de 5h pour apporter l’eau au domicile familial. Le temps ainsi passé à assurer la collecte d’eau prive les filles de temps pour aller à l’école, et les femmes de développer d’une activité économique.

Sans même parler des risques directs sur la santé en l’absence d’accès à l’assainissement et aux conditions d’hygiène de base, par exemple après un accouchement ou tout simplement dans leur quotidien. On peut établir un lien direct entre le manque de latrines sécurisées proches des domiciles et l’insécurité que vivent trop souvent femmes et enfants. On peut dire que l’accès aux services essentiels vise le renforcement de la dignité et de l’autonomie des populations qui doivent considérées comme les principales parties prenantes des projets.

Quelle est l’action de la Fondation SUEZ pour répondre à ces enjeux ?

Au sein de la Fondation SUEZ, notre principale vocation est de lutter contre l'exclusion, notamment en favorisant l'accès aux services essentiels pour les populations défavorisées des pays en développement. Chaque année, nous soutenons en moyenne une trentaine de projets, dans un processus de sélection très rigoureux, parce que nous voulons nous assurer de la pérennité des résultats et aussi d'avoir un impact réel et positif. Nous avons dressé le bilan de l’impact de l’action de la Fondation menée en partenariat et en co-construction avec les parties prenantes des projets dont les associations et ONG et les populations : en 7 ans d’actions et avec nos partenaires, plus de 5 millions de personnes ont vu leurs conditions de vie s’améliorer grâce à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à la gestion des déchets et plus de 153 000 enfants ont été déchargés de la corvée d’eau et scolarisés, dont la moitié de filles.

En France, notre nouvel engagement en faveur de la cohésion sociale nous a amené à soutenir des projets qui ont concerné plus de jeunes mineurs pour contribuer à diminuer le nombre de personnes qui, arrivant à l’âge adulte, sont déjà en situation d’exclusion.

Comment cette action au service de l’accès aux ressources pour les femmes prend-elle forme sur le terrain ?

Comme dans tous nos programmes, les populations concernées doivent être placées au centre du projet en tant que parties prenantes intégrées. Nous sommes à leurs côtés et sur un pied d'égalité, ce qui offre les meilleures chances de réussite et d’appropriation des projets.

Au nord Niger par exemple, avec nos partenaires les associations Les Puits du désert et Tidène, nous avons contribué à la construction de puits maraîchers et de puits pastoraux pour les nomades. Le programme a été complété par la formation d’anciens combattants démobilisés pour les aider à devenir agriculteurs-maraîchers. Très rapidement, ils ont passés dépassé le stade de l’agriculture vivrière et ont dégagé des excédents. Et là nous avons vu les femmes décider de se regrouper en coopérative pour conditionner les excédents et améliorer significativement le niveau de vie de la famille. Une école a été créée pour scolariser les enfants déchargés de la corvée de l’eau, principalement les filles, et les femmes ont pris leur destin en main en devenant plus autonomes et en assumant pleinement leur rôle de pilier de famille.

Puits au Niger - Fondation SUEZ

A travers ce projet, on voit bien que l’accès à l’eau, à l’assainissement ou encore à la gestion des déchets est souvent la première brique d’un développement vertueux et intégré s’il a été bien co-construit en amont et partagé avec l’ensemble des parties prenantes. Vivre dans de meilleures conditions d’hygiène, cela sauve des vies et c’est fondamental. Mais l’accès aux ressources va au-delà : c’est le déclencheur pour permettre à toutes ces femmes et toutes ces filles de consacrer leur temps à des taches synonymes d’épanouissement, de développement et donc, d’émancipation.

 

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