Collecter et traiter les algues sargasses

En grande quantité les algues sargasses, ou algues brunes, peuvent être nocives tant pour l’environnement que pour la santé des habitants. Arrivées massivement des Antilles au Brésil entre 2011 et 2017, elles ont causé d’importants dégâts, réduisant l’accès aux plages et aux ports jusqu’à paralyser en partie l’économie locale.
Au-delà des financements des pouvoirs publics pour leur collecte et leur traitement en 2018, SUEZ, au travers de sa filiale SITA Verde se concentre sur leur valorisation en un fertilisant biologique en Guadeloupe.

Une mobilisation multi-acteurs

Collectivités, Services de l’Etat et ADEME se sont impliqués sur plusieurs axes, notamment :

  • Participer à l’acquisition de connaissances sur l’origine du phénomène
  • Favoriser le développement de techniques de collectes adaptées aux littoraux antillais
  • Identifier des moyens de valorisation, dans une perspective d’économie circulaire.

SUEZ a répondu à l’un des appels à projets issus de cette réflexion et a proposé d’engager un projet de valorisation des matières échouées.

Quand les sargasses deviennent compost
Soutenu par l’ADEME, en Guadeloupe, SUEZ introduit les algues brunes en provenance du territoire de la Communauté d’agglomération de la Riviera du Levant dans ses procédés de valorisation. Maîtrisant l’ensemble de la chaine de valorisation du compostage, le procédé consiste à réduire la matière organique en un produit « stabilisé » pour la production d’un fertilisant très performant.
L’arrivée des sargasses étant aléatoire, SUEZ a fait le choix, de les intégrer sur un site de traitement existant, où 100% des algues déposées sont valorisées. En effet, SUEZ Guadeloupe transforme également les algues en énergie dans son installation de traitement de déchets non dangereux de Sainte-Rose.

Une valorisation organique

SUEZ maîtrise l’ensemble de la chaîne de transformation par compostage qui permet de transformer la matière organique en un produit stabilisé et hygiénisé. Le produit issu de la valorisation a perdu son statut de déchet, son intérêt agronomique est avéré. Il est alors intégré dans le circuit économique local. Pour répondre aux réglementations sur l’exposition des risques chimiques, SUEZ a développé des protocoles de sécurité liés à la livraison, au stockage éventuel, et au traitement des sargasses. Le personnel a été sensibilisé aux risques induits.
100
%
des algues valorisées à la plateforme biomasse du Moule en Guadeloupe

Les sargasses, qu'est-ce que c'est ?

Les sargasses sont des algues brunes. Celles observées dans les eaux des Caraïbes appartiennent à deux espèces : Sargassum fluitans et Sargassum natans. Ce sont des algues pélagiques, ce qui veut dire qu’elles flottent en surface grâce à de petits flotteurs, et, regroupées, forment des « radeaux ».
Elles vivent dans les eaux tropicales, en pleine mer, et présentent de fortes concentrations dans la mer des Sargasses, au large de la côte Est des États-Unis. Elles s’y accumulent sur plusieurs centaines de km2 en raison de la présence du courant circulaire (gyre) subtropical nord atlantique.
En temps normal, les bancs de sargasses en mer ont un rôle écologique très important. Ils servent de nurserie pour de nombreuses espèces ainsi que de dispositif de concentration de poissons. Un « radeau de sargasses » représente ainsi un refuge pour des centaines d’espèces marines : poissons, invertébrés, tortues marines, etc. qui y vivent de manière temporaire ou permanente.

En mer, les sargasses ne présentent aucun danger par contact direct dans l’eau : elles ne sont ni allergènes, ni piquantes, ni venimeuses. En revanche, elles peuvent abriter des espèces toxiques ou venimeuses pour l’homme. Par ailleurs, avec le temps, les sargasses finissent par couler et menacent la biodiversité des fonds marins.
Lorsque les sargasses s’échouent sur terre, elles commencent à se dégrader et émettent de l’hydrogène sulfuré (H2S). Ce gaz, s’il est inhalé sur une longue durée, présente des risques pour la santé humaine.