Eau

Innovation : une technologie réservée au dessalement pour une eau plus pure et sans calcaire

En septembre 2019, la première unité d’adoucissement par filtration membranaire OIPB (Osmose Inverse Basse Pression) a été inaugurée sur le Valenciennois. Deux unités d’adoucissement complémentaires viennent compléter le dispositif dont une deuxième usine OIBP qui sera inaugurée fin septembre 2022. Ces 3 unités alimentent 100 000 habitants répartis sur 25 communes.
Compte tenu de la nature très calcaire du sous-sol dans le Nord, l’eau a toujours été très dure. Or une eau très calcaire peut non seulement provoquer des problèmes dermatologiques chez certaines personnes mais également des encrassements des appareils électroménagers avec comme conséquence une surconsommation d’énergie pour chauffer l’eau, et une importante utilisation de produits ou équipements anticalcaire. Pour répondre aux attentes des habitants de l’agglomération, la réduction du taux de calcaire était de ce fait un enjeu majeur.
Une deuxième attente exprimée par les habitants consommateurs concernait le goût de chlore. La combinaison de ces critères d’insatisfaction se reflète d’ailleurs dans la consommation de l’eau du robinet sur le territoire : un taux nettement inférieur à la moyenne française puisque seuls 40% des Valenciennois consomment l’eau du robinet contre 70% à l’échelle nationale.
Enfin, l’agglomération valenciennoise souhaitait aussi solutionner durablement une problématique régionale de perchlorates (pollution engendrée par les munitions de la guerre de 14-18 encore enfouies dans les sols).

La filtration membranaire permet de retenir l’essentiel des sels minéraux indésirables (nitrate, calcium, etc.) présents naturellement dans l’eau potable, ainsi que la plupart des molécules organiques dont les micropolluants (pesticides, résidus médicamenteux, etc.) et les particules générant des goûts au contact du chlore. Seules les molécules d’eau traversent ces membranes, dont la taille extrêmement fine permet de retenir l’essentiel des autres molécules. Compte tenu de cette grande efficacité et de la nécessité d’un minimum de minéralisation, seule une partie de l’eau à distribuer est traitée. Ce système qui existe depuis une cinquantaine d’années a, jusqu’à présent, surtout été utilisé pour dessaler l’eau de mer.

Aujourd’hui, ses capacités de purification sont intéressantes pour produire une eau potable plus pure, moins calcaire, tout en réduisant, voire en permettant de supprimer l’ajout de chlore, comme c’est le cas dans de nombreux pays du nord de l’Europe.

Grâce à ces innovations, le niveau de confiance des habitants a progressé de 10 points entre 2017 et 2021, leur satisfaction sur l’odeur (chlore) de 33 points. La satisfaction sur la teneur en calcaire a été multipliée par 6, elle est passée de 89% d’habitants insatisfaits à plus de 75% de satisfaits sur les communes déjà alimentées. 

Au-delà de traiter les deux insatisfactions majeures exprimées par les consommateurs, le chlore et le calcaire, le projet valenciennois a pour ambition de redonner confiance dans l’eau du robinet et d’accompagner les populations dans la réappropriation de cette dernière : un enjeu économique et de pouvoir d’achat autant qu’écologique. En effet, la diminution du calcaire augmente la durée de vie de l’électroménager de 30%, permet de réaliser des économies sur les produits d’entretien et permet d’économiser jusqu’à 40% sur l’énergie pour chauffer l’eau. Indirectement, en agissant sur le frein psychologique qu’est la dureté de l’eau, il permet d’inciter les foyers à remplacer la consommation d’eau en bouteille plastique par l’eau du robinet (soit encore 300 euros d’économies par an en moyenne).

Enfin, face aux nouveaux enjeux de qualité, l’OIBP, même s’il ne permet pas d’atteindre un seuil de 100% d’élimination des micropolluants, représente une solution d’anticipation des futures réglementions.

Cette solution technologique représente ainsi une solution globale d’avenir, permettant d’adresser de nombreux enjeux.