Un village isolé

A la saison des pluies, le village Favard n’est accessible que par voie fluviale et durant 6 mois l’année l’accès routier qui n’est autre qu’une « piste » est impraticable.
Il compte aujourd’hui environ 130 personnes. Ils ont longtemps été alimenté par un captage d’eau de surface issu d’un petit ruisseau qui dévale la colline le surplombant. Le réseau d’eau sans traitement était géré par les habitants eux-mêmes. Le village ne possède pas d’alimentation électrique par le réseau et seuls quelques panneaux solaires alimentent la classe ouverte pour les enfants.

Une solution adaptée et innovante

La Société Guyanaise des Eaux (SGDE) a tout d’abord proposé et mis en œuvre une solution rapide et transitoire en prestation de service avec une chloration de l’eau.
Suite à un appel d’offre, la SGDE a été retenue grâce à une solution sur mesure.
Elle se présente sous forme d’un container clé en main préfabriqué en métropole suivant les contraintes locales. L’alimentation électrique se fait par panneaux solaires avec un secours en groupe électrogène. Ce type de matériel existe déjà dans une version similaire pour les situations d’urgence humanitaire. L’eau brute arrive gravitairement dans l’usine, est stockée dans une bâche de 6m3 au sol avant une mise en réseau à l’aide d’un surpresseur. Cette solution avait l’avantage de rentrer également dans l’enveloppe budgétaire du projet de l’ordre de 400 000 euros.

Un accompagnement des habitants du village pour l’arrivée de ce nouveau service a été réalisé en amont en complète coopération avec les autorités coutumières et municipales. Après deux mois de travaux sur l’usine, les réseaux de distribution et la pose de 30 compteurs individuels une inauguration a eu lieu en octobre 2016.

Pérennisation : de l'eau de source à l'eau potable

L’enjeu technique étant validé et opérationnel, la pérennisation du fonctionnement de cet outil devait passer par la recherche d’un agent local sur le village afin de répondre aux critères de suivi et de réactivité pour une installation de ce type. Franky Joan a été retenu pour cette mission. Il a intégré nos équipes dès la mise en essai de l’usine et suivi une formation de plusieurs mois sur site avec l’accompagnement d’un de nos référents traitement, Kamel Chelouah.


Après 18 mois de fonctionnement, la satisfaction est au rendez-vous avec une unité adaptée et fonctionnelle dans un tel contexte. L’accompagnement clientèle apporté aux villageois tout au long de ce projet et le relais des autorités coutumières permet aujourd’hui d’avoir un taux d’impayés proche des 0%. Des propositions d’amélioration du dispositif ont été faites à la collectivité dont notamment une mise à l’arrêt automatique de l’usine en cas de forte turbidité impromptue au captage.